« Fatigué d’y être, encore plus fatigué après y avoir été » : c’est l’un des 55 témoignages sur les visioconférences recueillis par une équipe de psychologues américains. Leur objectif ? Explorer, grâce à des entretiens, la fatigue induite par ces réunions à distance devenues omniprésentes depuis la pandémie de covid-19. Se basant sur la théorie de la restauration de l’attention (qui postule que la fatigue est liée à une attention soutenue), l’étude montre les spécificités de cet épuisement, qui survient immédiatement après la réunion et non en fin de journée comme l’habituelle fatigue au travail. Parmi les facteurs qui peuvent l’atténuer, les données recueillies permettent de distinguer notamment l’horaire de la réunion – elle serait mieux supportée en début d’après-midi ; ou encore l’attitude à adopter. Ainsi, couper son micro lorsqu’on ne parle pas pour réduire le bruit de fond et éviter de devoir veiller à rester silencieux serait un facteur positif.

D’autres pistes ont émergé dans les entretiens qualitatifs – sans être toutefois corroborées par l’analyse statistique. Les participants ont ainsi évoqué le fait d’indiquer clairement en début de réunion les règles collectives de bonne conduite – éteindre sa caméra – ou de s’accorder des pauses en cours de réunion, par exemple en se levant pour faire quelques pas. Les chercheurs soulignent l’importance de poursuivre les recherches sur ce sujet appelé à devenir une thématique importante de la psychologie du travail.
Source : Andrew A. Bennett et al., « Videoconference fatigue ? Exploring changes in fatigue after videoconference meetings during covid-19 », Journal of Applied Psychology, vol. CVI, n° 3, mars 2021.


Grands Dossiers de Sciences Humaines, n°65, hiver 2021/2022